Le suivi sanitaire
Un membre de l'équipe est désigné assistant sanitaire. S'il n'est pas titulaire du BAFA, il compte dans les 20 % de non-qualifiés.
- Il est titulaire du PSC1, de l'AFPS ou d'un titre équivalent.
- Une fiche sanitaire de liaison par mineur : vaccinations, antécédents, allergies, traitements, contacts.
- Les traitements ne sont administrés que sur ordonnance nominative, conservée avec les médicaments, rangés hors de portée et sous clé.
- Un registre des soins consigne chaque intervention, même bénigne : date, heure, enfant, geste, personne.
- Une trousse de premiers secours accompagne chaque sortie.
- Un lieu permettant d'isoler un malade est prévu dans tout accueil avec hébergement (article R227-6).
- Les pathologies chroniques font l'objet d'un PAI, connu de toute l'équipe concernée avant le début du séjour.
Bobos, accidents, maladies
Trois situations, trois conduites différentes. Elles se connaissent par cœur, parce qu'on ne les relit jamais au moment où on en a besoin.
| Le bobo | L'accident | La maladie |
|---|---|---|
| Écouter Rassurer Laver à l'eau et au savon Rincer et sécher Protéger Noter au registre des soins Prévenir les autres animateurs Surveiller l'évolution Prévenir les parents le soir |
Écouter Rassurer Alerter : 15 SAMU, 18 pompiers, 112 numéro européen Prévenir la direction Prévenir les parents Accompagner à l'hôpital, avec la fiche sanitaire Rester avec l'enfant Déclarer l'accident Prévenir l'équipe |
Mettre au repos, à l'écart Prendre la température Faire boire Consulter la fiche sanitaire Prévenir l'assistant sanitaire Appeler les parents Médecin généraliste, ou 15 si ça s'aggrave |
Tout soin se note, même un pansement au doigt. Le registre des soins est le premier document qu'un contrôleur demande, et c'est aussi ce qui te protège si un parent revient sur un incident trois semaines plus tard.
Aucun médicament sans ordonnance nominative, jamais, même du paracétamol, même si les parents l'ont dit au téléphone.
Un enfant blessé n'est jamais laissé seul, y compris en attendant les secours, y compris si tout le reste du groupe attend.
La trousse de secours
Deux contenants différents : l'armoire à pharmacie qui reste au centre, et la trousse qui part en sortie. On les confond, et on se retrouve en balade avec des ciseaux et rien d'autre.
L'armoire est fermée à clé, et la clé est détenue par l'assistant sanitaire. Les traitements personnels des enfants y sont rangés séparément, avec leur ordonnance.
Aucun antalgique n'est donné sans que l'assistant sanitaire l'ait validé et noté au registre. Le paracétamol distribué à la volée parce qu'un enfant dit avoir mal à la tête est une pratique courante, et elle est fautive.
La trousse se recomplète après chaque sortie, pas au moment de repartir.
La restauration
C'est un des premiers postes contrôlés, et celui où une erreur se voit vite. Le cadre vient du règlement européen 852/2004 sur l'hygiène alimentaire, décliné en France pour les ACM.
La méthode HACCP
Toute personne intervenant en restauration collective applique la méthode HACCP : identifier les dangers à chaque étape, définir les moyens de les maîtriser, vérifier qu'ils sont appliqués. Cela se traduit par des procédures écrites, pas par des habitudes orales.
Ce qui se tient à jour
- Les relevés de températures : enceintes froides, liaison chaude, réception des marchandises.
- La traçabilité : étiquettes des produits conservées, dates de réception et d'ouverture.
- Les plats témoins : un échantillon de chaque plat servi, conservé au froid plusieurs jours, pour analyse en cas de toxi-infection.
- Le plan de nettoyage et sa traçabilité.
- La formation à l'hygiène des personnes concernées.
Le cas du camp sous tente
Un guide de bonnes pratiques d'hygiène dédié à la restauration collective de plein air existe pour les ACM. Il adapte les exigences aux conditions réelles du camp, où certaines dispositions classiques sont inapplicables. C'est le document de référence des contrôles dans ce contexte.
Locaux, couchage et mixité
- Les locaux sont des établissements recevant du public, soumis à l'avis de la commission de sécurité — à solliciter au moins un mois avant l'ouverture.
- L'exploitant déclare le local au préfet, au plus tard 2 mois avant la première utilisation.
- Le nombre de mineurs accueillis est fixé par le SDJES, et par la PMI pour les moins de 6 ans.
- Chaque mineur dispose d'un moyen de couchage individuel.
- En hébergement collectif de plus de 4 personnes : 5 m² au sol par personne au minimum.
- Sanitaires : environ 1 douche et 1 WC pour 10 mineurs de 6 ans et plus, 1 WC pour 7 chez les moins de 6 ans. Le règlement sanitaire départemental peut être plus exigeant.
- Les lits superposés doivent porter le marquage de conformité et l'avertissement d'âge : pas de couchage en hauteur avant 6 ans.
- Le registre de sécurité est tenu à jour et présenté lors des contrôles.
La mixité des couchages
L'article R227-6 dispose que les accueils avec hébergement « doivent être organisés de façon à permettre aux filles et aux garçons âgés de plus de six ans de dormir dans des lieux séparés ».
Pour un mineur transgenre ou non binaire, l'organisateur saisi d'une demande peut proposer une chambre individuelle à proximité des chambres correspondant à son identité de genre, ou aménager un espace séparé. Aucune disposition n'impose l'usage non mixte des sanitaires.
L'hébergement des adultes est distinct de celui des mineurs.
La baignade
L'activité la plus pratiquée, celle qui tue, et celle dont les règles sont les plus mal connues. Annexe 2 de l'arrêté du 25 avril 2012.
Ce qu'est une baignade au sens réglementaire
Une baignade sans matériel ni technique spécifique. Dès qu'il y a palmes, masque, tuba, ou support flottant — canoë, surf, bouée tractée —, ce n'est plus une baignade mais une autre activité, avec ses propres règles.
Qui surveille
L'encadrant est responsable de la sécurité et de l'organisation des secours. Majeur, il est titulaire de l'une des qualifications du code du sport : BNSSA, MNS, brevet de surveillant de baignade, qualification « surveillance de baignade » du BAFA, ou équivalent reconnu.
Les taux dans l'eau
| Âge | Animateurs dans l'eau | Maximum de mineurs dans l'eau |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 1 pour 5 | 20 |
| 6 ans et plus | 1 pour 8 | 40 |
Ces animateurs s'ajoutent au personnel de surveillance de la piscine ou de la zone, ils ne le remplacent pas. Et ces taux ne couvrent pas la surveillance hors de l'eau, qui reste à organiser.
Les deux assouplissements
- En piscine surveillée, un groupe d'au plus 8 mineurs de 12 ans et plus peut se baigner sans animateur de l'accueil sur place, après accord entre l'encadrant et le directeur.
- Pour les mineurs de plus de 14 ans, la baignade peut être encadrée par toute personne majeure de l'équipe pédagogique permanente, tenue aux mêmes obligations qu'un surveillant qualifié. Le taux d'un pour huit reste exigé.
Les activités physiques
L'arrêté du 25 avril 2012 liste les activités demandant un encadrement particulier et fixe, pour chacune, les qualifications, les taux et les conditions.
- Sont notamment concernés : baignade, canoë-kayak, nage en eau vive, voile, plongée, surf, canyonisme, escalade, spéléologie, équitation, VTT, ski, char à voile, karting, tir à l'arc, radeau.
- Chaque fiche précise la qualification de l'encadrant, l'effectif maximal, le matériel de sécurité obligatoire et le test préalable éventuel.
- Les activités accessoires — hors liste, sans risque particulier — peuvent être encadrées par un animateur de l'équipe, sous la responsabilité du directeur.
- Quand l'activité est confiée à un prestataire, il faut vérifier sa carte professionnelle, son assurance et son agrément. Cette vérification incombe à l'organisateur, pas au prestataire.
Les déplacements
Sortir du centre est le moment où la vigilance doit être la plus haute, et celui où les habitudes prennent le pas sur les règles.
À pied
- En file indienne, sur le bord gauche de la chaussée, face aux véhicules, quand il n'y a pas de trottoir.
- Signalisation du groupe : un feu blanc à l'avant, un feu rouge à l'arrière, et des gilets réfléchissants dès que la visibilité baisse.
- Un encadrant en tête, un en queue, au minimum.
- Pour traverser : perpendiculairement à la route, et un animateur de chaque côté pour arrêter la circulation pendant que le groupe passe.
- Vérifier qu'il n'y a pas de passage piéton à moins de cinquante mètres : s'il y en a un, c'est là qu'on traverse.
À vélo
- Sur la voie publique, rouler à deux de front est interdit : file indienne obligatoire.
- Avant de partir, vérifier chaque vélo : pneus, freins, pédales, fixation des roues, selle. Et emporter le matériel de réparation.
- Casque obligatoire pour les moins de douze ans, et de toute façon pour tout le monde en sortie encadrée.
- Vérifier le niveau réel des enfants avant de choisir le parcours, pas après.
- Un encadrant en tête et un en queue de convoi, la colonne fractionnée en petits groupes.
- Aucun déplacement de nuit.
En car
- Un chef de convoi désigné, une liste nominative, et un pointage à chaque arrêt.
- Un animateur près de chaque porte, pendant tout le trajet.
- Les taux d'encadrement s'appliquent : un pour huit chez les moins de six ans, un pour douze au-delà.
- De nuit, au moins un accompagnateur assure une veille permanente.
- Connaître le trajet, rappeler les consignes de sécurité avant le départ, ceintures attachées.
- Le pictogramme « transport d'enfants » et les feux de détresse sont utilisés à chaque montée et descente.
Camping et montagne
Où l'on ne campe pas
- À proximité d'une route ou d'une voie publique.
- Près d'une rivière ou sur ses berges — le risque de crue soudaine est réel, même par beau temps.
- Sur une propriété privée sans autorisation écrite.
- Aux abords d'un monument historique ou d'un site classé.
- Sur la plage.
- À moins de deux cents mètres d'un captage d'eau destiné à la consommation.
Camper correctement
- En forêt, il faut l'autorisation du gestionnaire, et les arrêtés préfectoraux s'ajoutent aux règles générales.
- Interdiction d'allumer un feu à moins de deux cents mètres d'un bois.
- Aucun déchet abandonné, aucune trace laissée sur le site.
- Aucune eau de source n'est potable par principe : on emporte son eau ou on la traite.
- Aérer duvets et tentes chaque matin. Surélever la nourriture, et ne jamais préparer les sandwichs à l'avance — jambon, beurre et mayonnaise sont exactement ce qui tourne en quelques heures.
- La surveillance des mineurs doit rester possible en permanence, y compris la nuit.
La montagne
| Type de sortie | Qui peut encadrer | Conditions |
|---|---|---|
| Moyenne montagne | Un animateur BAFA | Pente et altitude modérées, bonne météo, itinéraire par sentiers fréquentés, secours pouvant intervenir rapidement. |
| Randonnée alpine, glacier | Un professionnel : aspirant guide, brevet d'État d'alpinisme | Haute montagne ou zone glaciaire. Souvent interdite aux moins de douze ans par arrêté préfectoral. |
Dans tous les cas : matériel et itinéraire adaptés au niveau réel du groupe, itinéraire connu et communiqué, liste des participants emportée, numéros des secours et du centre accessibles, et bulletin météo consulté le matin même. Quand un professionnel encadre, il répond de son matériel — mais il reste de la responsabilité de l'organisateur de vérifier sa qualification et son assurance.